Ondas de prazer no Icaraïzinho

 

Tu dois vivre dans le présent, te lancer au-devant de chaque vague,
trouver ton éternité à chaque instant.

Henry David Thoreau

 

Prologue

Par moment, on se dit que ce serait bien de pratiquer le bodyboard, voire tout simplement de se baigner, sans combinaison. Plus particulièrement en période estivale. Alors une destination tropicale, ou mieux subéquatoriale, s’impose. Réserver l’avion. Obtenir la dernière place de libre. Croire que le destin est en train de s’écrire. Pour un retour à Icaraïzinho de Amontada, Ceara, Brésil. Pour quelques vagues de plaisir en forme d’abécédaire.

 

Amarelo e azul

Fragment d’un bout de papier manuscrit retrouvé le matin du premier jour du séjour sur le bar d’une maison de location jaune avec des boiseries bleues.

6H30 Je suis parti en quête de café …
6H50 Je suis revenu. Les B***-P*** pioncent encore.
7H05 J’ai enfin réussi à allumer le gaz
7H22 Café ! Ah putain. Feuilleter un magazine de cuisine. Elle est pas belle la vie !
7H49 Je pars me baigner.

On est toujours sans nouvelle de l’auteur de ce petit mot mais amarelo c’est jaune et azul c’est bleu.

 

Bourada

A l’hôtesse de l’air qui donne les fiches de débarquement à mes voisins Italiens accompagné d’un tonitruant Italiano ? Puis qui se retourne vers moi en balançant un Deutsch ? Bourada.
A tous les mecs qui ont rempli leur coffre de voiture avec le maximum possible d’enceintes afin de passer du son de merde à pleine puissance. Bourada.
Aux restaurants qui font de la slow-food. Le temps de commander, de faire un match de foot et d’être servi d’un plat mal cuit. Borada.
A l’hôtesse au sol à Fortaleza qui se marre avec son collègue en prononçant mon nom. Bourada.
A tous, bourada dans la djeule. Bourada, çà veut dire baffe. Cà se prononce bourade. Et je ne sais même pas comment çà s’écrit réellement.

Canoa

Avant de partir, c’était juste un track imparable de DJ Grégory & Gregor Salto. Et puis, les bateaux que j’appelais Jangada depuis mon dernier séjour étaient en fait des canoa. Question de forme de la coque, qui ressemble effectivement à un canot Breton. Et comme lors de mon précédent passage, j’avais loupé l’occasion, j’ai, cette fois-ci, sauté sur la proposition d’une partie de pêche en canoa. En conséquence, réveil à 5 H pour les retrouvailles à 6 H du pêcheur, de Gautier et de Phil. A 6 H 10, on se met à l’eau pour rejoindre à la nage, bah oui hein, le bateau au mouillage. Après le montage de l’usine à gaz qui sert de mât, de tangon et de voiles, on part au près direction le large. On est ébahi par la rusticité de l’accastillage, et surtout par la dérive placée à l’extérieur de la coque et tenue par une simple boucle de bout. Il y a déjà 15 nœuds de vent, 2 mètres de houle, et une averse vient même saluer cette remontée au vent matinale. Ambiance Bretonne donc. Au bout d’une heure, le pêcheur mouille et nous indique que l’on est arrivé sur un banc de sable sur lequel on va pouvoir pêcher. On lance 3 lignes de palangrotte. Le pêcheur nous montre et çà a l’air simple. Pour nous moins. Phil et Gautier se démerdent pas mal. Et moi je ne récupère que quelques poissons dont les dimensions seraient adaptées à un aquarium de salon. Bref çà me saoule assez vite. Et je me rappelle du coup pourquoi je n’ai pas pêché depuis 20 ans.
Après une heure et demie de pêche et une bonne vingtaine de petits poissons arrachés à la mer par les gringos, on repart au portant à la voile sous un soleil revenu avec une bonne vingtaine de nœuds et un bon 2-3 mètres de houle. Le pêcheur me passe la barre. A l’arrivée sur Icaraïzinho, les vagues se creusent et je pète un départ au surf avec le canot. Deux gerbes d’écume symétriques de chaque côté du bateau. Propre. Le pêcheur se met à régler l’écoute de grand-voile et à pomper pour qu’on parte mieux au planning. Je le regarde. Il me regarde. On s’est bien compris. Le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

 

Depois

A Icaraïznho, le spot de vague habituel c’est après chez les kiters. Mais c’est quand même pas mal le chantier. A un moment, tu te renseignes. Et elles sont où les belles vagues ? Vas à la dernière éolienne. Alors, un matin, j’ai marché jusqu’à la dernière éolienne, c'est-à-dire jusqu’au village suivant, Moitas. Résultat un aller et retour de près de 8 bornes pour ne pas voir une vague mieux qu’après chez les kiters. Tu reviens pour un renseignement. Autrement, de l’autre côté, après la pointe à l’Est il y a de bonnes vagues. Sinon, après, il y a Cumbuco, spot de classe mondiale, puis Icaraï et encore après il y a Praia Do Futuro à Fortaleza. Ah oui, c’est là où je prends l’avion. Plus loin, au Pérou, il y aurait un coin sympa avec une droite de 2 kilomètres de long. Et puis, c’est vrai aussi que les meilleures périodes de houle c’est après, en Décembre ou en Mars, au début de la saison des pluies. Moi je suis plutôt ici et maintenant comme on disait il y un peu plus de 30 ans ou Right Here, Right Now comme on gueulait il y un peu plus de 10 ans. Alors, on profite avec plaisir des vagues maltraitées par le ventilateur bloqué à pleine puissance.

Après se dit depois. Le prochain qui me dit depois c’est bourada (voir à bourada).

Estado do Ceará

Fortaleza. Lagoinha. Guajiru. Fleixeras. Mundau. Icaraïzinho. Moitas. Preia. Jericoacoara.

La liste des plages checkées s’allonge.

 

Footing

L’idée de départ c’était que faire du footing sur la plage çà devait m’aider à affirmer un début de commencement de condition physique pour un bodyboarder occasionnel. J’avais même amené mes runnings. C’est dire. J’ai tenu 3 jours. Footing, c’est footing en Brésilien. Non, en fait, footing, c’est chiant. Quelle que soit la langue.

 

Irmandade de surfistas Brasileiros

Sortie de sieste. Bain rapide. En sortant, je croise Edi, le serveur du Praiazinha (voir à Praiazinha) avec sa planche de surf sous le bras. Você fazer surf ? Sim. Depois kiters ? Sim. (NdA : vous noterez la très grande fluidité de mon Brésilien doublée de l’évidente perspicacité de ma première question). Ok, je prends mon matos et j’arrive (NdA : la partie de phrase après la virgule a naturellement été mimée sur la base d’un aller et retour de la main en direction de la maison, accompagné d’un hochement significatif de la tête). Bref, nous voilà à l’eau. Edi se démerde carrément bien et arrive à prendre pas mal de vagues même si çà reste court. De mon côté, moyen. Mais j’ai partagé une session avec un surfeur Brésilien. Un peu comme si j’ai intégré la confrérie qui se dit Irmande. Et le reste est de la littérature.

Jericoacoara

J’ai voulu voir Jericoacoara, alors je suis allé voir Jericoacoara. On loue un pick-up. Avec Julie, on fait le trajet à l’arrière avec un bodyboard comme tapis de sol. Le tout en plein cagnard. Et je ne dis pas çà pour les P***-B***-P*** qui se la coulaient douce à l’intérieur. A Aracau, on croise un défilé politique, mais pas celui duquel on a un autocollant sur la voiture. Sous les sifflets et les lazzis, El Che dispense la foule d’un salut de type reine d’Angleterre. Eh oh, on ne va quand même pas se faire emmerder par un parti de gauche. Bref, c’est long et tape-cul, surtout quand il y a de la piste ou de la plage, mais on finit par arriver en entier quoique quelque peu courbaturé à Jeri. Gautier et Julie vont surfer sur la plage principale de Jeri mais, de mon côté, je dois me résoudre à emprunter la route de tout bon touriste ordinaire et grégaire en vacance à Jeri, à savoir monter sur la dune pour regarder le soleil se coucher. Et dire, au revoir le soleil. Donc çà, c’est fait.
Puis, le reste s’enchaine naturellement. Excellentes Caïpi, un peu de shopping, exceptionnel diner au Tamarindo, digestif en écoutant un excellent guitariste de Bossa et pour finir excellent dodo.

 

Lagosta

Il vous faut des langoustes, un wok, de l’alcool, en l’occurrence de la Cachaça, une échalote cisélée, de la crème fraiche et une botte de coriandre. Faites suer les têtes et les carapaces avec l’échalote. Ajoutez une pointe de piment si vous voulez. Flambez, puis ajoutez la crème. Laissez réduire un peu. Passez la poêlée au chinois. Mettez les langoustes à cuire dans la sauce et ajoutez la coriandre en fin de cuisson.

Lagosta c’est langouste. La recette c’est Lagosta a la Che que çà s’appelle. Et çà marche aussi avec des camarão. Là vous gardez les têtes et mettez tout en même temps.

 

 

Malhada (Praia da)

De bon matin, et après une première journée éminemment touristique à Jeri (voir à Jericoacoara), il devient urgent de checker la fameuse plage des surfeurs. La mer est plutôt basse. L’eau est cristalline, sans algues. Les vagues sont roulantes avec un bon mètre de hauteur. Pas grand monde à l’eau. Des conditions parfaites. Pour un bon gavage. Savouré lentement. Ou comment conclure en beauté avec cette quatorzième session du séjour.

Praia da Malhada, I’ll be back !

 

Praiazinha

Rougaille de saucisse Calabraise. Langouste grillée sauce chien. Churrasco. Picagna. De bœuf et de porc. Bouillabaisse. Burger aux 2 fromages mais sans fromage. Soupe de poisson. Daube Provençale. Far Breton. Curry vert de Crevettes. Spaghetti bolognaise. Feijoada. Brochettes de poisson sauce Jalapeño. Re langouste grillée sauce chien.

Que dire de plus ? Que Julie et Gautier vous attendent. Que Praiazinha, çà veut dire petite plage. Praiazinha, Restaurante e Loja de Praia. Vous trouverez facilement.

 

 

Ressaca

A Icaraïzinho, les fêtes du 15 août c’est important. Alors le week-end suivant, on pourrait dire depois (voir à depois), on ne voit pas le museau de grand monde. On n’entend pas de Forro à plein tube. Chacun se remet de ses émotions, ou plutôt cuve encore. C’est ressaca. Ressac : retour violent des vagues vers le large, après qu’elles ont frappé avec impétuosité une terre, un obstacle.

Ressaca, çà veut dire gueule de bois. Et çà se prononce ressac.

 

 

 

Tudo Bem

Muito bem !!!!!!

 

 

 

Epilogue

Pendant ce séjour, il y a plein de nouvelles idées débiles de navigation et de surf qui me sont venues. Pour quelques vagues de plaisir en plus. Ondas de prazer de mais.

Je n'en ai pas fini avec le Ceará. Cà c'est sûr !

 

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