Pour 7 kapok de bonheur en plus

Prologue

Tout avait commencé sur la plage d’Andilan fin juillet 2007 lors du fameux raid sauvage. On avait prévu, entre deux bouchées de langouste, de revenir fêter nos anniversaires en novembre. Tous les raiders devaient revenir. Plus tous nos amis. Les premières estimations oscillaient au bas mot entre 150 et 200 personnes. Un grand moment d’hystérie collective et euphorisante car lorsqu’il s’est agit de se décider pour de vrai, les excuses ont fleuri : boulot prenant voire ras la gueule, absence de vacances, problèmes chroniques de dos, budget élevé, problème général de disponibilité. Il était dit qu’il n’en resterait plus que trois : Chantal, Philippe et moi. Comme dans n’importe quelle demi-finale de jeux de télé réalité à la con. Pour Marlon, tapez 1. Pour Jessyca, tapez 2.
Ensuite, on a bien essayé de récupérer un des catas auprès de Hobie Cat Aventures mais ceux-ci sont hivernés à Nosy Sakatia pendant la saison Seychelloise de Marco. Et on n’avait pas réussi à avoir le numéro de Jaco qui avait loué à Marco un HC 16 un peu pourri pendant le raid de l’été dernier. En conséquence de quoi, on est parti, avec un billet d’avion et une réservation aux Floralies en demi-pension, pour grosso modo une semaine de farniente à Nosy Komba.
Mais çà s’est dansé légèrement autrement …


(Chez notre amie Yolande)

Jeudi 22/11/2007

Pas du tout dormi pendant le vol direct de 10 H vers Nosy Be. Au tout petit matin, passage de douane dans la cohue, as usual. Un taxi nous attend sous une chaleur de plomb. Sur le trajet pour Hellville, on a immédiatement l’impression d’être partis de Nosy Be une semaine plus tôt. A peine. Au port aux pirogues, on retrouve Jean-Marc, le boss des Floralies et on prend sa navette pour aller à Nosy Komba. On déballe vite fait les affaires dans nos bungalows, charmants mais rustiques, pour filer prendre un petit bain sous le soleil et dans une eau chaude à souhait. Puis direction chez Yolande pour l’apéro. Le charme opère toujours.

Je pars écraser une sieste de 4 heures pour récupérer de l’absence de sommeil en avion. Bain de réveil et retour en fin d’après-midi chez Yolande pour un apéro à la Caïpirinha et aux beignets de calamars. Dîner aux Floralies, où on se délectera tout d’abord de samoussas puis d’un filet de thazard, que je n’avais pas eu l’occasion de déguster depuis les Saintes, accompagné d’une petite purée Napolitaine. Couchés avec l’extinction des feux à 22 H 30.

Vendredi 23/11/2007

Après avoir patiné deux bonnes heures à chercher une pirogue et en se mettant la pression, on arrive à s’organiser un transfert spécial, c'est-à-dire une pirogue juste pour nous, pour aller à Hellville. Débarqués dans le merdier d’eau croupie du fond du port aux pirogues, on se fera refourguer un faux taxi qui tombera en panne sèche au sommet de la première côte avant d’en prendre un vrai pour aller à Ambatolouk. Sur cette belle plage de sable blanc, on identifie rapidement l’endroit où Jaco loue des HC 16. Il nous laisse un cata, dans un état globalement très clean, à 75 euros par jour prix catalogue - nous sommes tenus par une clause de confidentialité avec Jaco concernant sa remise - pour le nombre de jours que l’on veut. On lui paye donc 2 jours, on grée et on part fissa sous le soleil, vent travers, vers Nosy Tanikeli.

Petit bain, quelques photos et on repart dans un bon vent grand largue vers Nosy Komba. Il y a un bon 15 nœuds et çà envoie du steak, mais à 3 sur le HC 16 cela reste très maniable. On fait un stop pour poser toutes les affaires aux Floralies puis on repart faire un tour vers le port de Nosy Komba. Sur un empannage, le foc part en cocotte devant l’étai. Comme il y a de la vague, on se remet au près et Philippe se met debout sur une coque pour tirer le foc dans le bon sens. Il y arrive mais une fois tout revenu dans l’ordre, il tombe à l’eau en cherchant à se remettre sur le trampoline. Sa casquette vole et se noie. On le remonte péniblement sur le trampoline. Le comité valide une Rodriguez, la numéro 3.

On rentre avec un dernier bord en avionnant entre la côte sud de la réserve de Lokobé sur Nosy Be et Nosy Komba. Nous sommes ravis, la gueule tranchée par un large sourire et nous décidons illico de garder le bateau jusqu’au mardi. On textote quelques amis déserteurs entre chambrage et affection. Quelques êtres vous manquent.

Apéro chez Yolande. Repas aux Floralies constitué d’un cassoulet de porc, fait avec des produits malgaches, à se taper le cul par terre. On finit le repas à discuter avec Jean-Marc et sa femme Marylène, et à écluser quelques rhums bananes.


(Le pirate de l'Océan Indien, style néo-Henry De Monfreid)

Samedi 24/11/2007

Suite à une nuit mal finie à cause d’un concert de coqs, j’essaye de me rendormir en attendant que la marée monte. Le temps est particulièrement nuageux mais le vent est bien levé. Je lance le gréement du cata à un rythme tropical et on décolle vers midi. Le vent est à 15 nœuds et on va faire un tour sur les îles en face du port de Nosy Komba. On s’arrête sur un banc de sable somptueux mais je n’ai pas pris mon appareil photo. Alors que la lumière et les couleurs de l’eau somptueuses. Les images resteront private, gravées au fond de la rétine.

On repart pour attaquer un  tour de l’île dans le sens des aiguilles d’une montre mais arrivés au près entre Ankify et Nosy Komba, au niveau de l’hôtel de luxe Tsara Komba, çà envoie trop de bois et je décide de revenir sous le vent. Mais devant les Floralies, il y a un bon mètre de creux et les conditions musclées. On décide de faire une pause et repartir mais on est un peu épuisé par cette session et on finit l’après-midi à glander.  

Le soir, on part dîner chez Yolande pour fêter les anniversaires des mâles. On a le droit à un repas à base de carangue avec des haricots verts puis d’une génoise avec une bougie pour chacun dessus. Fatigués et sans avoir réellement trouvé notre second souffle, nous nous couchons vers les 22 H 30.

 

Dimanche 25/11/2007

Every day is like Sunday. Every day is silent and grey. Démarrage comme un dimanche quasiment classique. Pendant ce temps, Philippe part voir les lémuriens. Il en reviendra avec un âge mental de six ans, ébahi par ces peluches qui bougent et mangent des bananes sur les épaules.
On part vers midi dans un petit vent qui a basculé NE. On longe la réserve de Lokobe jusqu’au sud de Nosy Be, puis on redescend sous le vent des 3 frères. Sur le retour, le vent rebascule rapidement NW en forcissant sous l’arrivée d’une couverture nuageuse abondante. On fait une pause aux Floralies, ne sachant pas trop si on va avoir un grain ou pas. Finalement, rien ne tombe et Chantal en profite pour shooter et filmer les 2 branleurs en action. 
A l’apéro, dernières Caïpi chez Yolande qui part s’occuper de ses affaires au Kenya. On rentre aux Floralies sous une averse carabinée pour attaquer le repas composé d’une salade de poisson cru puis d’un poulet à l’indienne accompagné de patates douces. Encore et toujours succulent. Le seul truc c’est que Jean-Marc a osé nous parler de nems à l’émietté de crabes de mangrove … mais ce n’est pas la saison. Fuck. Couchés 23 H, juste avant le déchaînement de la pluie.


(Mon bateau sur Ma plage devant Ma maison ... )

Lundi 26/11/2007

La journée démarre on peut plus doucement dans un temps morne. On lance le set vers 15 H dans un vent moyen faible et on attaque un tour de l’île dans le sens inverse des aiguilles d’une montre qui nous permet de découvrir toute la côte de Nosy Komba. Sous le vent, on reste tanké une petite heure à ne pas savoir si le vent est globalement tombé ou pas. Finalement, on retrouvera du vent et du soleil pour finir le set à 17 H.
Au repas, alors que Chantal & Philippe optent pour de la carpe rouge, je décide de m’attaquer au zébu. Classieusement,  Jean-Marc vient me présenter la côte de zébu avant d’aller la cuisiner. La côte me revient un peu plus tard, grillée juste ce qu’il faut, accompagnée de pommes de terre sautées et persillées. C’est divin. Jean-Marc passe me voir 2 fois en train de déguster, c'est-à-dire affublé d’une mine de mec heureux, avant de reconnaître mon coup de fourchette. Philippe et Jean-Marc devisent jazz en fin de repas.

Mardi 27/11/2007

Lever 7 H pour ma part et 8 H pour les 2 Malgaches blancs. Après avoir fait un baptême à Marylène, nous partons avec la marée descendante direction Ambatolouk. Bénis des dieux du vent mais pas de celui du soleil, nous voguons portant comme à l’aller. Passés devant Hellville, nous taillons une partie du chemin bord à bord avec une pirogue, barrée avec les pieds par un unique marin. Arrivée un peu hasardeuse à Ambatolouk en évitant tous les bateaux au mouillage. On rend rapidement le matos et on prend un faux taxi pour Hellville.
Au port, nous trouvons les dernières pirogues collectives qui partent vers Nosy Komba. On lâche un tarif spécial pour monter dans la pirogue ce qui déclenche une engueulade bruyante entre notre vendeur et un autre piroguier puis l’hilarité générale, teintée de moquerie, pour ces Vasas qui se sont fait enfler. Mais avec le sourire et en toute connaissance de cause.

L’après-midi, sieste, baignades, petit tour au village puis crabes au riz au son d’une musique seventies pour cinquantenaire. Extinction des feux vers 22 H 30 sous les éclairs.  

Mercredi 28/11/2007

Journée en roue libre. Je vais faire mes courses de 2 T-shirts Maki Company avec Philippe en milieu de matinée pour éviter le coup de chaleur de midi.
En fin de matinée, Jean-Marc nous propose de faire un tour en bateau à moteur pour aller faire du snorkeling sur les îlots en face du port de Nosy Komba. Je shoote le banc de sable que j’avais loupé la dernière fois. Pendant ce temps, Jean-Marc a chassé et a tapé 2 chirurgiens et 1 perroquet.
Retour aux Floralies pour sieste puis quelques baignades. Rangement des affaires. Apéro. Dîner avec carpaccio de perroquet et pizza maison aux pepperoni. Coucher tôt en prévision d’un réveil aux aurores.

Epilogue

Je n’avais pas bien compris que le retour n’était pas direct pour Orly mais nécessitait un transit par Tana. Du coup, le retour est horriblement long, surtout vers la fin, malgré un service souriant. Et cette fois-ci, on a récupéré nos bagages.

Post-Scriptum

On aura, in fine, étrenné le concept que développe Hobie Cat Aventures aux Seychelles de sorties en cata à la journée avec toutes les nuits en guest-house. Et finalement, çà nous a bien plu. Cà a surtout un peu compensé la saison Bretonne la plus misérable des dix dernières années avec, en tout et pour tout, une seule sortie d’un seul cata fin août. Et, depuis, malheureusement Jean-Marc et Marylène ont quitté les Floralies.

Copyright 2010-2100 Foamtoucher