Parenthèse enchantée aux Seychelles

Après le premier raid en Thaïlande de 2003, je retrouve Hobie Cat Aventures pour un raid aux Seychelles du 30 janvier au 8 février 2006 qui me permet, d'une part, de checker le dernier des 3 océans manquant à mon tableau de chasse et, d'autre part, de découvrir cet archipel soi-disant un des plus beaux du monde. Confirmation.

Trip & Day 0

Tout commence comme un mauvais roman. Il fait froid sur Paris en cette fin de lundi après-midi. Malgré mes congés, le boulot m'appelle encore. Je ne réponds pas. Le terminal 1 de CDG fourmille de touristes en devenir. Je remonte le col de mon blouson.
Le voyage se déroule aussi bien que possible avec escale à Doha au Qatar. A Mahé, sous une chaleur orageuse, je retrouve une partie de mes futurs coreligionnaires à savoir Philippe & Chantal, Thomas et Philippe. On poireaute quelques temps, en sirotant un rafraîchissement, pour le coucou qui nous emmène en 20 minutes de vol à Praslin puis Taxi de l'aéroport à la baie de Sainte-Anne.

Après installation à la guest-house Côté Mer / Colibri, je pars faire un petit tour avec Thomas au port de Sainte-Anne pour récupérer des infos concernant la location d'un cata de croisière chez Dream Yacht suivi d'une petite baignade, histoire de décoller le papier des bonbons et de dégonfler les guibolles. En rentrant, on retrouve Alain, mon collègue et néanmoins ami, ainsi qu'Olivia et Elodie.
Au repas, la troupe au complet retrouve Marco, guide en chef de HCA, la jactance dialoguée par Audiard, la cinquantaine musclée et bronzée du baroudeur des tropiques, le caillou ras et les petites lunettes de grand architecte de programmes d'éducation des masses par le travail. Il est aidé d'un Seychellois, Giovanni, surnommé Rasta, qui assure le pilotage du bateau accompagnateur, la connaissance des spots giboyeux en poissons, l'excellente tambouille créole et la fourniture de caisses de la bière locale, la SeyBrew.

 

Day 1

Après le petit-déjeuner, on remplit les sacs étanches avec nos affaires de raid. Presque une routine. On retrouve tous Marco au port de Sainte-Anne pour la perception du matos : voiles, gilets, culottes de trap et pagaies. On charge le bateau accompagnateur, chaussé avec 2 beaux 140 Ch puis on récupère les 3 HC 16 et le HC 18 Pacific au mouillage que l'on envoie sur la plage. Bonne bouffe au take away et puis c'est parti avec Alain à la baguette. La sortie du port est un peu touchy avec un vent plein face dans ce petit boyau. Une fois sortis du port, la session démarre sur les chapeaux de roue avec un bon 15 nœuds. Le temps de regrouper les bateaux, on sort de la baie pour se faire cueillir par un bon clapot au près. Cà réveille pour une reprise. Je reprends les commandes. En passant sur des hauts-fonds, Thomas et Philippe dessale et casse la barre de liaison des safrans. On rentre donc au bivouac prévu baie Sainte-Anne. Cà été bien sympa, plutôt ventu et finalement très ensoleillé.

Débarquement du barda, baignade et montage des tentes. Puis on attaque l'apéro avec une bouteille de rhum brun et une de blanc de la marque à la chauve-souris. Chauve-souris qui survolent, comme un fait exprès, notre bivouac. On se restaure d'un cari de Zourite. Et puis, on envoie du steak sur la boisson. Le reste de la soirée ressemble étrangement au raid à Bréhat que les zélés thuriféraires de ce site ne manqueront pas de connaître. Comme il y a des enfants qui lisent ces lignes, je préfère rester elliptique. Our children, our treasure, our future. Pour ma part et en résumé, démarrage à fond et graviers au premier virage.

Day 2

Je dissipe mes brumes matinales par un baquage revigorant qui évacue miasmes d'une soirée difficile, quoique incomplète à ma mémoire, et courbatures d'une nuitée sur le sable. Lestés d'un solide petit-déjeuner, comme dit la plaquette commerciale, on part au portant sur la côte sud de Praslin. Il y a plutôt du soleil et le vent est pépère. On atteint Grand-Anse où l'on navigue dans 2 mètres d'eau verte et transparente à l'intérieur du lagon. On s'y arrête et on se sustente de quelques fruits et gâteaux. Comme le spot sera notre bivouac du soir, on en profite pour débarquer le matériel. On repart l'après-midi par un bon F3 pour faire le grand-huit autour de Cousin et de Cousine. Je suis charmé par le bleu turquoise profond de l'océan Indien. Rentrée dans le lagon pour finir le set dans 1 m d'eau.
A l'apéro, on attaque un rhum local mais le cœur, ou plus exactement l'estomac, n'y est pas. Après consultation de notre guide, il semblerait en effet que cette marque de rhum soit utilisée les bonnes années à nettoyer les chiottes et les autres comme huile de vidange.
Le soir, Marco part pêcher et nous ramène des barracudas qui seront écalés, évidés et rincés à l'eau de mer sous nos yeux ébahis de citadins en goguette. Giovanni nous gratifie d'une salade de mangue à se taper le cul par terre. Les poissons seront grillés et accompagnés de riz et d'une purée de lentilles succulente. Emballage du jambon dans le torchon à l'heure des poules.

Day 3

On poursuit notre tour de Praslin dans le sens des aiguilles d'une montre en passant devant les anses Kerlan et Lazio. Nous voyons enfin ce les Seychelles, filles improbables et apocryphes de Bréhat et de la Nouvelle Calédonie, ont de plus beau. Le chenal entre Curieuse et l'anse Boudin est tout à fait exceptionnel. Entre les 2, une piscine. La plage de Curieuse restera ma préférée.
Après le grignotage habituel, on part en ballade terrestre pour traverser l'île et sa mangrove étonnante et voir les tortues géantes à l'âge canonique, de celles qui tutoyaient Ramsès II.
On repart, dans la grosse pétole bien chiante, direction La Digue. Nous entrons, à la queue le leu, dans le port, bizarrement gaulé en Z, en suivant notre guide. Car si tu ne suis pas le guide, t'es mort … entre autres raisons.

Pas de bivouac car on est à la guest-house chez Michelin où on profite d'une vraie bonne douche. Ce retour à la civilisation nous incite à siroter un cocktail dans un bar du port en regardant le soleil se coucher sur le port de la Digue … et en se faisant massacrer par les moustiques. Puis, retour à la guest-house pour dîner, suivi d'un jeu digestif de lancer d'abrutis accrochés aux lianes d'un Banyan Tree et enfin dodo dans un vrai lit bien confortable.

 

Day 4

Lever à 6 H pour la visite très matinale de l'anse Source d'Argent. On marche 45 min pour arriver sur la plage, dos au soleil, à marée haute. Bôf. Cà n'arrache pas des masses le matin. Comme il n'y a pas de vent, on part en vedette faire du snorkeling à l'îlot Coco, tas de cailloux au milieu de rien surmonté de palmiers. Un endroit rare. Cà foisonne de poissons. Je me déchire le genou et l'index sur un oursin. On s'extasie devant une tortue. On se fait piquer constamment par des sortes de puces d'eau, on ne peut plus désagréables. Après 1 heure de trempette, on rentre à la Digue.

Dans l'aprèm, le vent ne répondant toujours pas présent, on part pour un coup de pêche qui verra une bonite attrapée par l'hameçon siffleur. Mais des problèmes de moteur nous conduisent à écourter la sortie. Bain sur le platier avec Thomas pendant que les autres retournent à Source d'Argent puis retrouvailles générales pour apéro au bar. Soirée plutôt pépère avec dîner-débat sur le monde du travail.

Day 5

Grosse journée de nav avec départ de la Digue, passage entre Grande et Petite Sœur, enroulage de Marianne, descente de la Digue back-side et remontée au près pour arriver en baie de Sainte-Anne pour le bivouac identique au jour 1. En longeant la magnifique côte Est de La Digue, sur laquelle malheureusement on ne bivouaquera pas, Alain tente une sortie au double trapèze, donne un coup de barre, le cata plante l'étrave sous le vent et s'arrête. Bien accroché au trap, je suis projeté vers l'avant, évite l'étai d'un mouvement de perchiste, le bateau se redresse et j'atterris à l'arrière du trampoline de l'autre côté, toujours au trapèze. Rodriiiguez. Je dissuade définitivement Alain de monter au trapèze en barrant.
Le repas du soir sera constitué de pâtes au thon façon créole et de poulet grillé. Les moustiques attaquent violemment. On se couche assez tôt, majoritairement sur les trampolines des catas.

Day 6

On décide de former une bordée de moniteur de voile avec Thomas afin d'envoyer le plus de steak possible. Le vent est revenu à un bon 4. On fait le tour d'un tas de caillou au milieu de nul part puis on envoie velu au double trap pour faire parler la poudre. C'est qui les patrons ? On laboure avidement le plan d'eau entre la baie de Sainte-Anne et la Digue où mouille un superbe yacht Le Pharaon immatriculé au Panama. Que du plaisir malgré le temps gris qui me rappelle la Bretagne. Non, je déconne, l'eau est quand même à 28 °C !
Alain et Olivia dessalent. Marco, qui croit que c'est nous, se régale d'avance d'une tournée générale au champagne offerte par les branleurs de moniteurs. Pas de bol, mon grand, mais on reviendra.
On rentre finalement au port. Clôture du raid après une super dernière journée. On enchaîne, gentiment pépère, avec le dessalage et le rangement du matos. Tout le monde à la douche.
A la tombée de la nuit, la tournée d'Alain nous permet de goûter enfin le Takamaka, le vrai bon rhum Seychellois, professionnellement préparé, il est vrai, par Philippe. On ne va pas tortiller du cul pour chier droit, mais le Takamaka coco c'est du petit Jésus en culotte de velours. Certains n'y réchapperont pas, le reste de la soirée se déroulant, de fait, dans une jovialité assez peu en rapport avec l'ambiance familiale du restaurant de la guest-house. On finit la soirée peinard sur la terrasse du lodge VIP où logent Chantal, Philippe et Alain .

Last Day & trip

Chantal repousse notre départ de Praslin vers Mahé le plus tard possible afin de profiter de cette dernière journée aux Seychelles qui nous permettra de visiter la vallée de Mai, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Celle-ci regorge d'arbres endémiques, de perroquets noirs et de coco-fesses, fierté de l'île … mais qui ne sont que des noix de coco en forme de cul. Pan dans le mythe. Puis, on va se baigner à Côte d'Or dans une eau aux mille couleurs de l'océan Indien. Ce matin sera pareil à cette nuit. Tu verras …

Retour sans souci en avion. Arrivée au petit matin. Il ne fait pas chaud. Il pleut sur CDG. Je remonte le col de mon blouson. Je prends le Taxi pour Paris. Je rallume le portable pour le boulot …

(Le commando Hubert prêt au débarquement)
(Ya un problème ???)
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